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Déjà à un très jeune âge, je percevais tout ce que les autres avaient que je n’avais pas.  Je voulais être « plus que », « mieux que ».  Je recherchais inconsciemment une perfection abstraite et inexistante.  En fait, je voulais simplement être n’importe qui d’autre que moi-même, car être moi-même c’était extrêmement douloureux, au point de ne plus vouloir être du tout.

Suite à la publication d’un billet que j’ai écrit pour Le Huffington Post Québec, lequel est intitulé « Réseaux sociaux : servir ou détruire », et après avoir donné une conférence sur le même sujet, je me suis questionnée à savoir comment j’aurais vécu, dans la peau de l’adolescente que j’étais, à cette époque actuelle où le virtuel occupe une si grande place.  Je me suis revue, moi la jeune Marie-Eve hypersensible, anxieuse, apeurée de ce monde auquel je ne voulais pas appartenir.  Moi, avec mes grosses lunettes, mes broches, mes cheveux bizarres et ma grande taille.  Si j’avais grandi au temps des réseaux sociaux, est-ce qu’ils m’auraient servi ou détruit?  Quel impact est-ce que ça aurait eu sur mon estime de moi déjà inexistante, due à ce mal-être qui m’avait habitée depuis le jour 1 de ma venue en ce monde ?

Je ne peux m’empêcher de penser, pour trop souvent le constater, que certains adolescents, particulièrement les jeunes filles, doivent se sentir comme je me sentais à l’époque.  Ils sont pris dans ce monde qui se déshumanise à vue d’œil, sans repères, sans équilibre.  Ce monde que nous adultes, avons créé de nos propres mains et dans lequel on leur reproche aujourd’hui de vivre.

J’aimerais adresser la suite de ce billet à tous ces jeunes qui souffrent en silence, qui croient qu’ils ne valent rien de plus que cette image qu’ils projettent sur Facebook, qui ont peut-être eux aussi l’impression d’être un extra-terrestre sur cette drôle de planète.

À toi l’ado qui te sent « différent », j’aimerais dire que ce qualificatif est le plus beau compliment qu’on ne pourra jamais te faire, car il signifie que tu ne te fonds pas dans la masse, que tu es unique et que si tu dois entrer dans le moule que la société a créé pour toi, le temps de ta formation dans cette grande école qu’est la vie, un jour tu auras la liberté d’ouvrir tes ailes et de voler où tu voudras.  Porte fièrement tes couleurs, à chaque instant.  Ne cède pas à la pression d’être quelqu’un que tu n’es pas.  Sois fort, plus fort que ce que les autres veulent faire de toi.  Apprends.  C’est « gratuit » et sers-toi de tes apprentissages pour avoir un impact positif dans le monde.

À toi l’ado qui a l’impression d’être en milieu étranger, qui ne trouve pas sa place, qui a besoin de t’isoler, je te comprends.  Il est vrai que tu n’es pas normal, car tu es extraordinaire.  Tu ne le sais pas encore, car moi-même je ne l’ai appris qu’à 37 ans.  Tu as des facultés incroyables, une grande sensibilité, une intelligence émotionnelle ou rationnelle peut-être plus développée que la normale.  Tu as en toi la force de changer le monde.  Ça peut te sembler bizarre, mais c’est pourtant vrai.  Toi seul pourras décider de ce que tu auras envie de faire, si tu as envie d’être jardinier ou de dépolluer les océans, mais n’oublie jamais que tu as cette incroyable force en toi.  Souris, si on te dit que tu n’es pas normal, car les gens sont en train de mourir intérieurement à l’être.

À toi l’ado qui vit peut-être dans un environnement instable, dans une famille dysfonctionnelle, avec des parents qui n’ont peut-être pas appris à ouvrir leurs ailes eux-mêmes…  À toi qui dois constamment t’adapter sans avoir tout le bagage et les ressources que peut avoir un adulte, je suis fière de toi.  Tu es fort, tellement fort!  Je ne connais pas beaucoup d’adultes qui seraient capables d’affronter tout ce que tu vis chaque jour.  On te dit toujours quoi ne pas faire ou au contraire quoi faire, mais jamais on ne t’a appris qu’avant tout ça, il y a une chose beaucoup plus importante.  C’est apprendre à être… Être toi.  Apprends-le, s’il te plait.

À toi l’ado, sois doux avec toi-même.  Traite-toi comme tu traiterais la personne que tu aimes le plus au monde.  Sois respectueux envers les autres.  Ne laisse aucun mot sortir de ta bouche, que tu ne serais pas prêt à recevoir toi-même.  Les mots peuvent détruire, tu le sais.  Choisis-les avec précautions.  Choisis-les avec ton cœur.  Sème la joie et l’amour dans ce monde au lieu d’entretenir la « bitcherie », les commérages, la jalousie et toutes ces émotions qui te font souffrir.  Sois heureux et sois avec des gens qui te rendent heureux. Tu en as le droit et le pouvoir.

À toi l’ado qui te définit avec un pouce, au nombre de « j’aime » que tu reçois sur Facebook, je veux te dire que tout ceci n’est qu’une illusion.  Tu n’as pas plus de valeur parce que tu es populaire et tu ne vaux pas moins parce que ta photo n’a pas eu l’effet que tu souhaitais sur Facebook.   Contente-toi d’être toi.  Crois-moi, tu seras amplement occupée à ne focaliser que sur cet objectif.  Avant d’être une vedette de sport, la fille « la plus » populaire de la classe, celle qui a le « plus beau » linge ou les « meilleures » notes, tu ES une personne.  Tu ES un humain comme les quelques milliards d’autres qui vivent sur cette planète.  Tu es l’égal de tous.  Celui que tu considères comme un « loser » aujourd’hui sera peut-être celui qui changera ta vie demain.  Il sera là pour toi si tu touches son cœur, mais il te bannira si tu le blesses.  Adresse-toi à tes amis et tes collègues de classes comme tu t’adresserais à la personne que tu estimes le plus.  Tu n’es pas obligé de les aimer, mais tu peux les respecter.  Respecter les autres, c’est te respecter toi, et c’est la base de l’estime de soi.

Cher ado, je pourrais t’écrire des centaines de pages comme celles-ci, mais je sais que tu n’aimes pas les longs messages.  Je te crie du fond de mon cœur de revenir à toi, de revenir à la vie, la vraie.  Décroche des réseaux sociaux, regarde le monde, sois heureux.  Tu es l’adulte de demain.  Tu es déjà conscient de tellement de choses.  Tu as le pouvoir de créer ta vie, de changer ce monde.  Que choisiras-tu d’entretenir à chaque instant?  Je te le demande. 

Ce n’est pas facile je sais, mais c’est nécessaire, car ce monde que tu es en train de créer est celui dans lequel tu vivras demain.  Il est celui dans lequel tu élèveras tes enfants et alors peut-être comprendras-tu pourquoi j’ai tellement à cœur de te voir heureux au lieu de te voir souffrir.

Cher ado, je crois en toi.  Il est temps que les choses changent.  Ce monde a besoin de toi dans ce que tu es de plus beau.  Il est temps de te découvrir.  Il est temps de revenir à toi…

Avec amour… de moi, l’ado devenue adulte.

Par Marie-Eve Lamontagne

Princesse dans l’âme, émerveillée par la magie et tout ce qui brille, je suis une femme et une petite fille à la fois. Pour moi les crinolines ne sont jamais assez grosses et le « bling bling » jamais assez présent! J’ai toujours eu à coeur le bien-être des autres, m’oubliant trop souvent. Ma quête la plus grande en ce monde? Mon bonheur, celui qui est doux, paisible et qui éblouit. Mon plus grand allié? Ma petite voix intérieure.

Mon instinct très développé a toujours guidé mes pas. Si la vie nous met souvent à l’épreuve, j’ai appris que c’est en apprenant à s’aimer sincèrement et non parfaitement qu’on arrive à guérir ses blessures. Passionnée d’écriture, ma collaboration avec Je veux tout me permet d’exprimer ma vision de la vie et inciter les lecteurs à descendre en eux pour découvrir le petit diamant brut qui s’y trouve et qui ne demande qu’à briller de mille feux.

Créatrice de l’Échelle Lamontagne, fondatrice de la Journée de l’estime de soi et auteure du livre Amour aller-retour, l’estime de soi est la clé, je suis animée d’un vif désir d’aider tous et chacun dans la quête de leur estime personnelle et de leur bien-être. Si j’ai dû avancer seule une grande partie de ma vie, j’ai par la suite eu la chance de découvrir la force de l’entraide et de l’amitié. Je crois que c’est main dans la main qu’on réussit à gravir l’échelle du mieux-être et à s’épanouir vers une pleine acception de soi, vers le bonheur et l’estime de soi.