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En février dernier, j’ai participé à un article de La Presse sur les récidives du burn-out. Je trouvais important de partager que peu importe ce qu’on vit au quotidien, tant qu’on n’accepte pas ce qui est, il est difficile de guérir et de se libérer.

Je constate que tout ce que nous savons et avons appris met parfois beaucoup de temps à être assimilé en nous. Notre conscience évolue, mais notre corps ne l’intègre pas au même rythme. C’est exactement dans cette phase que je me trouve présentement. Tout est en train de se mettre en place et de s’intégrer en moi. J’ai un grand besoin de calme, de repos, de paix. Ce que je vis n’est ni cohérent ni rationnel et ne cadre surtout pas avec ce que la société attend de moi.

Une personne qui j’ai rencontrée dernièrement m’a dit une phrase qui est restée entre mes deux oreilles :

« Slaque tes boulons ».

Pendant qu’on discutait, j’avais les jambes et les bras croisés. J’étais aussi raide qu’un bâton de métal. Fermée, en mode de protection, je ne suis même pas certaine que je respirais. Pourquoi donc?

Si ma conscience s’ouvre à de nouvelles perspectives depuis un bon moment et présentement en vitesse accélérée, mon corps semble prendre beaucoup plus de temps à s’assouplir et intégrer ce que ma tête sait déjà. Il tente encore à mon insu de tout contrôler.

Coïncidence? Mon amie m’a invitée à essayer le yoga chaud. J’ai alors réalisé que j’étais non seulement un bâton de métal mais, qu’en plus j’étais trempée dans le béton. Le lendemain, après 25 ans d’abstinence, je me suis lancée sur les pentes de ski. Les premières descentes ont été agréables, puis j’ai commencé à avoir du mal à contrôler mes mouvements. Josyane, fondatrice de ce blogue, me répétait :

« Plie les genoux! Reste molle ».

Je n’y arrivais pas! Au lieu de laisser simplement libre cours à mon corps de bouger, je tentais encore inconsciemment de le contrôler.

Je regardais les enfants sur les pentes, minuscules sur cette montagne et ça m’a vraiment touchée de les voir descendre sans la moindre résistance, ne connaissant rien au contrôle. Ils ne se questionnaient pas. Ils skiaient simplement, concentrés mais en toute liberté. Ils sont la nature même de l’ÊTRE, encore insouciants.

Notre besoin humain de contrôle semble s’imprégner dans nos cellules. Quand on devient adulte, on porte le poids de nos responsabilités et nous oublions de respirer par le nez et d’ÊTRE simplement, comme les enfants, comme les animaux, comme les fleurs, les plantes et les arbres qui ne se posent pas de question à savoir où et quand ils doivent pousser. Ils poussent simplement.

J’ai appris au travers la dépression que tant qu’on ne fait pas un avec le flot de la vie, on ne peut pas être libre. Je me suis battue corps et âme contre elle, n’acceptant pas cet état dans lequel je me sentais faible et imparfaite. Il m’était alors impossible de guérir, car ma lutte grugeait toute mon énergie. Quand j’ai compris ça, ma vie a complètement changé.

J’ai accepté d’ÊTRE simplement au lieu de m’obstiner à devenir ce que je pensais devoir être.

J’ai rêvé une nuit que je me laissais bercer par les vagues de la mer et le bien-être que je ressentais était indescriptible. Je crois que c’est ainsi que nous devrions vivre notre vie, car elle n’est pas faite pour être contrôlée. Elle est faite pour nous supporter, nous guider, mais nous ne lui en laissons pas la chance en voulant la façonner selon ce que nous croyons être juste et bon, suivant nos propres normes très souvent erronées. Quand ça ne fonctionne pas, nous la tenons pour responsable alors qu’elle n’essaie que de nous aider.

Encore une fois, il n’en tient qu’à nous d’avancer sur notre route avec un boulet aux pieds ou d’ouvrir ses ailes pour se laisser porter par le vent.

Par Marie-Eve Lamontagne

Fondatrice de l’Échelle Lamontagne, je suis animée d’un vif désir d’aider les femmes dans la quête de leur estime personnelle et de leur bien-être. Si j’ai dû avancer seule une grande partie de ma vie, j’ai par la suite eu la chance de découvrir la force de l’entraide et de l’amitié. Je crois que c’est main dans la main qu’on réussit à gravir l’échelle du mieux-être et à s’épanouir vers une pleine acception de soi, vers le bonheur, notre bonheur.

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