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Jour du 1er avril. Ce matin-là, j’ai reçu un message sur ma page professionnelle, provenant d’un homme qui m’écrivait que j’avais un « powertrip », que j’utilisais les faiblesses des gens pour mes conférences et que j’avais besoin d’un bon traitement psychologique. Ce message m’a percutée aussi violemment qu’un coup de 2 x 4 en plein front. Ce n’était pas un poisson, mais bien un poison d’avril!

Quand la douleur nous attaque, soit on se referme, soit on rétorque avec colère. J’ai fait les deux à moitié. J’ai répondu dans le calme, même si je tremblais de rage, puis mon mécanisme de protection s’est aussitôt activé. J’ai fermé mes réseaux sociaux dans l’intention de ne pas y revenir avant 48 heures. Je ne voulais plus rien savoir de personne, ayant inconsciemment peur d’être attaquée à nouveau.

J’avais besoin de l’aide de quelqu’un qui était détaché de la situation. Josyane, chère Josyane. Elle était restée très calme au téléphone alors que j’étais anéantie.

– Prends tes affaires pis viens-t’en. On s’en va au spa!

En moins de deux, j’avais organisé mes flûtes, engouffré une rôtie, « garroché » mon maillot de bain dans un sac, revêtu des vêtements mous, enfilé mes bottes de pluie et hop! Un petit stop café et j’étais sur la route.

Pour qu’une émotion surgisse, ça prend un élément déclencheur. Sous cet élément, il y a quelque chose à explorer. La pire chose à faire est de continuer comme si de rien n’était en la fuyant ou en l’ignorant. Elle est un immense cadeau, un signe qui démontre que quelque chose ne va pas. Elle se montre le bout du nez pour nous donner l’opportunité de la prendre avec douceur, de la guérir, de la laisser aller.

A-C-C-E-P-T-E-R

Nous avons beaucoup de misère à vivre avec ce mot. Notre réflexe?

C-O-M-B-A-T-T-R-E

On m’avait dit plus jeune :

« Fais comme si tu étais un manche à balai. Reste bien raide et ne pleure pas. Tu n’as aucune émotion ».

Un être humain sans émotions c’est de la science-fiction ou un robot. Pourquoi les repousser? Elles se doivent d’être, de faire surface pour « mourir ». Si elles restent en nous, il est impossible de les guérir. C’est le même principe que de cracher le flegme que nous avons sur les poumons quand nous avons une grippe.

Les émotions nous connectent à nous-mêmes. Elles sont un repère pour identifier ce qui nous rend heureux, bien, en sécurité, comme à l’inverse, ce qui nous trouble, nous met en danger ou nous procure du mal-être.

Les réseaux sociaux sont une poubelle à émotions. Je repense souvent au film SOS Fantôme 2 (Ghostbusters) et au slime, la glue rose qui grossit en réaction aux émotions négatives. Nous ne sommes pas si loin de cette réalité.

Ayant décidé d’amener du positif dans ce monde, ce n’est pas sur Facebook, mais bien dans le bain vapeur que j’ai commencé à éliminer ma toxicité intérieure. Je me suis ressaisie dans le spa et c’est dans le tourbillon chaud que j’ai laissé tremper mes émotions négatives et ma colère pendant de longues minutes, de très très longues minutes. Contrairement à ces situations où on n’a aucune idée de ce qui s’est passé, dans ce cas-ci, je le savais très bien. La réponse était juste là, prête à être cueillie, mûre à point.

PDC = Prise de conscience

PDC #1 : J’avais encore laissé trop de place et d’importance aux réseaux sociaux dans ma vie. Je ne me respectais pas. Comme je le partage dans l’Échelle Lamontagne, quand on vit un déséquilibre ou un manque d’estime dans un aspect de notre vie, on cherche à se raccrocher à une bouée, car la peur inconsciente de se retrouver face à soi-même nous terrorise. Il n’émerge même pas dans notre conscient l’idée que nous puissions nous autosuffire, ce pourquoi nous nous en remettons toujours aux autres. Ça met parfois en danger nos relations, notre santé, nos finances et notre bien-être.

J’avais clairement mis mon équilibre en péril, car ce vide que je ressentais à l’intérieur de moi m’avait amenée à m’accrocher à mon portable et mon iPhone pour le combler. Pendant cette semaine-là où j’étais plus fragile, j’avais publié encore et encore pour aller chercher de l’attention. Ce que j’ai récolté a été autre chose et s’en est résultat un coup de 2 x 4 en pleine face. Pourquoi?

PDC #2 : Parce que je ne marchais plus dans MA voie.

Il est très difficile de garder le cap avec les réseaux sociaux. Ce flux machiavélique d’informations pénètre dans notre cerveau et s’y loge. On n’en vient qu’à ne plus savoir quoi penser, quoi dire ou comment agir. Je m’étais mise à dénoncer des choses. Je le fais souvent. Je trouve ce monde aberrant alors pour moi, ce serait un non-sens de faire comme si tout était parfait. Jouer à l’autruche ce n’est pas trop mon truc. Je l’avais toutefois fait d’une manière qui ne me ressemblait pas. J’étais tombée dans la colère, la frustration, l’indignation au lieu de travailler à valoriser, encourager et amener du positif. J’étais la seule coupable de n’avoir pas su mettre mes limites. Je m’étais éloignée de moi-même, de ce que j’avais envie de porter comme message avec ma couleur, ma personnalité et ma vision.

Quand nous ne sommes pas bien, nous devenons alors beaucoup plus sensibles à la critique et à l’inverse, quand nous sommes solides sur nos jambes, en confiance, ça ne nous dérange plus. Voilà donc un deuxième indice qui m’indiquait que j’avais fait fausse route quelque part et que ce message insignifiant que j’avais reçu était un cadeau pour me permettre de revenir sur le droit chemin, le mien.

PDC #3 : Pour affronter l’adversité, il faut être fort et aller puiser partout, tout le temps dans la joie et les petits bonheurs, car c’est notre vitamine, notre bouclier, notre armure. C’est ce qui nous protège des attaques des personnes ou des événements de la vie que nous ne comprenons pas et que nous analysons au premier degré avec notre tête alors qu’ils souvent là pour nous enseigner quelque chose.

Je ne puisais plus dans rien, je n’avais plus de petits bonheurs. Je ne savais plus vers où aller. Je me sentais vide, dans le vide. Il fallait que je ramène du « bling bling » dans ma vie.

Je n’ai pas été capable de me couper complètement de l’autoroute électronique pendant 48 heures, mais j’ai réussi à rester loin des réseaux sociaux et savez-vous quoi? Le lundi matin venu, je n’avais pas envie d’y retourner. Je suis restée 72 heures loin de ça. Je me sentais bien, en paix, calme. J’ai été présente à mon week-end et j’ai créé mes opportunités d’en profiter.

La leçon que je tire de tout ça me ramène à l’essentiel de mon message en conférence. Si nous nous écartons de qui nous sommes, le déséquilibre se créera dans un ou plusieurs aspects de notre vie. Le déséquilibre dans un aspect entraîne un effet domino dans les autres. Sans équilibre, nous vacillerons, devenant plus fragiles, plus atteignables. Notre estime de nous-mêmes diminuera. Nous aurons alors moins confiance en nous et nous nous accrocherons à n’importe qui ou n’importe quoi qui nous donnera de la considération ou de l’importance. Nous perdrons le contrôle sur notre vie. Nous la subirons. Tout ce que nous tenterons alors de bâtir risquera de s’écrouler à tout moment, car nos fondations ne seront pas solides.

Le bien-être est dans l’équilibre;
L’équilibre se trouve dans la connaissance et le respect de soi.

Ce poison d’avril m’a finalement permis de me balancer. En acceptant de partir à la découverte de ce qui se cachait sous la colère et la peine, j’ai fait connaissance avec une partie de moi qui m’était encore inconnue. Je savais qu’elle existait, mais jamais je ne lui avais tendu la main. Je la combattais. En la laissant être, elle a pu partir pour laisser place à plus de sérénité, me rapprochant un peu plus de qui je suis, me permettant de m’épanouir encore plus.

La vie est comme un jeu de serpents et échelles. Parfois on grimpe, parfois on descend. L’important est d’avancer case par case, en prenant plaisir à rouler les dés.

Par Marie-Eve Lamontagne

Fondatrice de l’Échelle Lamontagne, je suis animée d’un vif désir d’aider les femmes dans la quête de leur estime personnelle et de leur bien-être. Si j’ai dû avancer seule une grande partie de ma vie, j’ai par la suite eu la chance de découvrir la force de l’entraide et de l’amitié. Je crois que c’est main dans la main qu’on réussit à gravir l’échelle du mieux-être et à s’épanouir vers une pleine acception de soi, vers le bonheur, notre bonheur.

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