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Dernièrement, j’ai fait une prise de conscience majeure.  J’ai soudainement réalisé pourquoi mon médecin m’a mis en arrêt de travail pour épuisement, quatre fois entre 2007 et 2013, pourquoi j’ai failli me rendre malade une cinquième fois à la fin de 2015 et pourquoi ça en sera toujours ainsi si rien ne change.  Tant que ce qui était dans mon angle mort ne serait pas transporté dans ma conscience, je ne comprendrais jamais.  Il m’aura fallu Rachel, une inconnue mise sur mon chemin, pour que je comprenne enfin, que je portais ni plus ni moins que le poids du monde sur mes épaules.

Oui, moi la grande sauveuse de l’univers, j’ai souvent eu l’image de moi-même comme étant un bouclier de protection. Un genre de Superman au féminin, en robe rose, qui peut arrêter les autobus, les trains et empêcher une météorite de détruire la Terre.  Ça a commencé très jeune, alors que je ne pouvais pas dormir si je ne savais pas mes petites pouliches en sécurité dans leur écurie de plastique.  Je vivais de l’angoisse si mes peluches n’étaient pas ensemble au chaud sous une couverture.  Le jour où j’ai dû me séparer de Caramel, mon gros ourson préféré, j’ai eu l’impression de commettre un meurtre.  Juste dire son nom me rend émotive.  Shit de marde!  C’est quoi c’t’affaire-là!?

Oui, moi la grande sauveuse de l’univers, j’ai cette chose dans mes cellules qui croit que je dois être là pour tout le monde, tout le temps.

Je dois répondre le plus vite possible à mes courriels, à mes textos, être disponible, me déplacer, aider, contribuer, donner du temps, faire des rabais sur mes services, libérer les autres de leur souffrance, être aimante, douce, respectueuse, courtoise, juste, droite, loyale, souriante.  Quoi encore?  Ah oui, quand une chose arrive, je dois dire oui.  Oui à tout! C’est un signe de la vie!  Si je manque cette occasion, elle ne se représentera plus jamais et j’aurai modifié le cours de mon destin!  Balivernes!  Et puis tsé, je suis vraiment forte, je suis capable d’en prendre.  Ça fait 12 ans que je vis seule avec mon fils en garde partagée.  J’ai trait des vaches, tiré des joints, démoli des murs, fait de la peinture en masse.  J’ai une perceuse, des vis, des pinces, un tournevis, je suis capable d’en faire des affaires.  Je suis solide comme du roc!

J’ai fait, grâce à Rachel, une prise de conscience monumentale.  Non seulement je me faisais passer en dernier dans ma propre vie, mais je faisais tout pour tout le monde, tout le temps (même après des années de cheminement).  Pire encore!  Je prenais sur mes épaules une souffrance imaginaire!  Ouvrez bien vos yeux et vos oreilles, je m’explique.

Avez-vous tendance à décider pour les autres?  À vous dire des phrases comme : « Je ne l’inviterai pas, il n’a pas le temps », « Elle ne pourra pas venir, elle a ses enfants », « Il ne sera pas intéressé, il n’a pas d’argent »? Si vous dites non, je vous répondrai avec les yeux levés au ciel : « pfff bullshit » !

On passe notre vie à décider pour les autres de ce qui est bon pour eux et pire, on essaie de gérer leur vie à leur place, alors qu’on n’est même pas capable de gérer la nôtre comme il se doit. 

En décidant pour eux, on prend un poids sur nos épaules qui ne nous appartient pas. On s’affaiblit. On s’alourdit.  En décidant pour eux, on les infantilise, on les empêche d’être maîtres de leur vie et d’apprendre à leur façon, à leur rythme, selon ce qu’ils doivent comprendre pour cheminer.  On assume en quelque sorte qu’ils ne sont pas capable de le faire par eux-mêmes. Nous sommes plusieurs à avoir du « sang de sauveur ».  Pour cause, quand notre vie ne fait pas de sens, nous cherchons à en trouver à travers celle des autres.  En faisant cela, nous nous nuisons, et nous leur nuisons.

Dans l’Échelle Lamontagne et dans tous les propos que j’amène par rapport à l’estime de soi, je prône toujours le respect et la compassion.  On peut être empathique à la cause d’une personne sans toutefois y être sympathique.  Des points d’interrogation jaillissent dans votre esprit ?  Portez attention à ce qu’explique L’Office québécois de la langue française, par rapport à ces deux mots:

Lempathie est la capacité de comprendre précisément les sentiments d’autrui tout en conservant une distance affective par rapport à l’autre, tandis que la sympathie suppose un partage de sentiments et l’établissement de liens affectifs.

La ligne entre les deux est très mince et je vais vous donner un exemple concret pour vous aider à comprendre.  J’étais allée faire mon épicerie dans un de ces marchés qui nous vendent les paniers les moins chers.  Il y avait un homme qui sollicitait les gens pour leur offrir une carte de crédit du magasin.  Il avait les dents noires, un look plus ou moins soigné, un complet trop grand, il boitait.  Tout de suite, la douleur m’a prise à la poitrine.  Je souffrais pour lui.  J’y ai été sympathique.  Mes pensées étaient :

  • Pauvre de lui, il ne trouve pas d’autre travail;
  • Il doit manquer d’argent;
  • Il n’est pas heureux;
  • Il souffre, il boite;
  • Il n’a pas les moyens d’aller chez le dentiste;
  • Etc.

Puis, j’ai pris conscience de mes pensées et j’ai choisi de les transformer en pensées empathiques, me libérant de cette souffrance qui n’était pas la mienne.  En le croisant un peu plus tard, je lui ai dit :  

– Ce n’est pas facile ce que vous faites. Aborder les gens ainsi, ça prend du courage.

Il m’a répondu :

– Vous savez madame, ce n’est qu’une question de chiffres. Il ne faut rien prendre personnellement.  Plus nombreux sont les gens à qui je parle, plus nombreux sont les questionnaires que je remplis.  Les quotas sont faciles à faire.  Je ne gagne pas cent mille dollars, mais pas loin de la moitié.  Il y a pire comme travail. 

J’avais le bec cloué, entre deux allées de surgelé.  Je venais de tout comprendre.  Selon mes perceptions, j’avais eu des jugements, inoffensifs, mais présents.  J’avais vu cet homme en détresse alors qu’il ne l’était pas.  J’avais pris un poids sur mes épaules, qui n’existait même pas.  Si je ne lui avais pas reparlé, cette situation aurait pu me torturer l’esprit pendant des heures, car oui, je me soucie des autres, ce qui n’est pas le cas de tous.  Imaginez, je me suis même dit que j’allais prendre une carte de crédit, parce ça lui donnerait peut-être un peu d’argent.  Puis je me suis ravisée, réalisant mon erreur.

Comme si j’avais été victime d’un accident, j’ai vu le film de ma vie se dérouler sous mes yeux.  J’ai vu tout ce que je faisais depuis toujours, sans respect pour moi-même, priorisant les autres inconsciemment.  Comme quelqu’un qui vient d’arrêter de fumer et qui ne peut plus supporter l’odeur de la cigarette, je suis devenue intolérante à TOUT ce qui me faisait perdre mon temps et mon énergie.  Maintenant que j’avais compris, j’avais du ménage à faire, du gros ménage.  Où?  En moi d’abord!  Oui, car on ne peut rien changer aux autres.  Toujours il y aura des gens pour nous solliciter, soutirer le meilleur de nous ou de nos contacts.  Il y aura toujours des gens pour nous juger, nous éteindre, aussi des gens non-engagés pour eux-mêmes ou pour leur vie qui s’amuseront à se moquer de la nôtre.  Plus on sera libres et épanouis, plus il y en aura qui voudront coller à nous, connaître nos trucs, nous demander de l’aide, s’accrocher au lieu de prendre responsabilité pour leur propre vie.  Il n’en tient qu’à nous d’apprendre à dire non,  à se respecter, se prioriser, en écoutant notre petite voix et le langage de notre corps, qui savent toujours nous dire quand nous ne sommes pas bien dans une situation.

Si vous voulez construire une vie à votre image, développer votre estime de vous-même, votre paix, votre équilibre, votre bonheur, vous n’avez d’autre choix que de mettre vos limites, et je vous suggère de le faire avec respect et compassion.  Se libérer de la souffrance qui nous habite (et non NOTRE souffrance) est un enjeu de taille et un contrat de toute une vie.  Dites-vous que pour chaque petite graine qui ne vous appartient pas, que vous prenez sur vos épaules, c’est une étincelle de moins qui brille en vous. Croyez-moi, s’ouvrir à l’abondance ça commence là.

Cessons de choisir la souffrance. Acceptons l’aide qui nous est offerte, car de la refuser, sous prétexte que nous sommes assez forts pour y arriver seuls, c’est comme dire à la vie qu’on n’a pas besoin d’elle, et lui dire non, c’est aussi dire non à tout ce qu’elle voudrait nous offrir.

Alors, qu’allez-vous choisir? Le poids du monde ou la légèreté de vivre en toute liberté ?

Par Marie-Eve Lamontagne

Princesse dans l’âme, émerveillée par la magie et tout ce qui brille, je suis une femme et une petite fille à la fois. Pour moi les crinolines ne sont jamais assez grosses et le bling bling jamais assez présent! J’ai toujours eu à coeur le bien-être des autres, m’oubliant trop souvent.  Ma quête la plus grande en ce monde?  Mon bonheur, celui qui est doux, paisible et qui éblouit.  Mon plus grand allié?  Ma petite voix intérieure.  Mon instinct très développé a toujours guidé mes pas.  Si la vie nous met souvent à l’épreuve, j’ai appris que c’est en apprenant à s’aimer sincèrement et non parfaitement qu’on arrive à guérir ses blessures.  Passionnée d’écriture, ma collaboration avec Je veux tout me permet d’exprimer ma vision de la vie et inciter les lecteurs à descendre en eux, pour découvrir le petit diamant brut qui s’y trouve et qui ne demande qu’à briller de mille feux. Fondatrice de l’Échelle Lamontagne, créatrice du bracelet de l’estime de soi, auteure à être publiée aux Éditions ADA au début de 2017 (et plus encore!), je suis animée d’un vif désir d’aider tous et chacun dans le développement de leur estime personnelle et de leur bien-être. Si j’ai dû avancer seule une grande partie de ma vie, j’ai par la suite eu la chance de découvrir la force de l’entraide et de l’amitié. Je crois que c’est main dans la main, qu’on réussit à gravir l’échelle du mieux-être et à s’épanouir vers une pleine acception de soi, vers le bonheur et lestime de soi.

Joignez-vous à la communauté de l’estime de soi!

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